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Le présent du vindicatif
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Velvet Undergound
1/4 page de gloire
Maintenant que j'y pense, vu que je ne risque plus de causer la déchéance de Velvet en publiant ici des chroniques qui y étaient parues, je vais pas me gêner... Voici donc les 3 chroniques parues dans le numéro 6 du magazine Velvet (paix à son âme) :ffice ffice" />
Stupeflip
Stup Religion
(Metamusic/Jive/BMG)
Printemps 2003. Le Crou Stupeflip connaît son apogée. Le titre "J'fume pu d'shit", hydre bicéphale et malsaine arbitrairement amputée de sa seconde partie, devient tube "culte", attirant temporairement les single-phages au détriment des éventuels album-philes. Eté 2005 : alors qu'on croyait le Crou durablement dissous (dans l'acide), l'épouvantable King Ju réanime sa créature pour un deuxième verset stupéfiant dans la droite lignée de son prédécesseur : un tiers rock, un tiers électro, un tiers rap, un gros tiers de Stupeflip (et – nouveauté – une pincée de mélopées mielleuses d'inspiration AB productions). Stup Religion célèbre en grande pompe le retour du roi Ju, le Seigneur des Hargneux, et de sa confrérie de détraqués cloîtrés dans les tréfonds du "Stup Monastère" (le délire continue). Riffs à la tronçonneuse, phases tranchantes violemment débitées et beats dégrossis à la hache, rien ne manque à ce nouvel opus mystique si ce n'est une bonne vieille scie. Ce que personne (excepté la maison de disques) ne déplorera.
The Coral
The invisible invasion
(Deltasonic/Sony)
Il fut longtemps reproché aux jeunes Liverpuldiens d'avoir voulu jouer à Dieu. Appliquant à la lettre le manuel du petit Frankenstein de la pop, The Coral avait donné naissance en 2002 à une sublime aberration éponyme, fruit de la distillation minutieuse de trois décennies (60, 70 et 80), patchwork génial des exquis cadavres de leurs idoles reconstitués dont les restes traînent encore dans la cave. Au menu du millésime 2005 : 12 ritournelles psychédélico-pop baignées de clair/obscur, où la doucereuse mélancolie ("Cripples Crown", "So long ago", "In the morning"…) n'est en fait que l'antichambre d'une angoisse plus insidieuse ("She sings the mourning", "The Operator", "A warning to the curious" et sa guitare surf dépressive…). Si la recette initiale n'a pas connu d'extravagants remaniements en trois albums, le spectre des nuances a enflé de manière significative ; au point de faire évoluer leur capharnaüm sonore de "vilain plagiat" à "marque de fabrique". Un album de bonne tenue dont on pouvait néanmoins attendre un peu plus d'exubérance, notamment avec Geoff "Portishead" Barrow aux manettes.
Compilation
Later... Even louder
(Warnervision)
S'il est un sujet que Sa Majesté se devrait encore d'anoblir en son perfide royaume, c'est bien Jools Holland. Depuis maintenant plus de douze ans, celui-ci anime inlassablement sur la BBC (service public !) Later with… (lui-même), émission musicale culte qui n'a de cesse de faire bisquer les mélomanes Français. On en a adoubé pour moins que ça chez Albion. Septième DVD à compiler les meilleurs moments de cette épopée d'outre-Manche, Even Louder est surtout le deuxième à se focaliser sur les performances des invités les plus électriques. Si le casting de cette nouvelle mouture n'a rien à envier à Louder-tout-court, force est de constater une certaine volonté de rajeunir le line-up en introduisant quelques jeunes loups (The Killers, The Bravery, The Vines, Jet, Kings of Leon…) dans la meute des vieux prédateurs du genre (Sonic Youth, John Cale, Primal Scream, Garbage…). Seul reproche cependant (toujours le même) : la réalisation trop policée des Anglais a souvent tendance à minimiser le mordant de certaines prestations…
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The Coral - The invisible invasion
Comprenons-nous bien, je suis le premier fan de The Coral. Et à ce titre, j'ai peut-être été un peu virulent suite aux premières écoutes de ce nouvel album, ma foi assez décevantes. Je n'y retrouvais pas cette pointe de génie pétillant qui m'avait rendu leur premier album si savoureux. Non qu'il soit particulièrement mauvais, juste bof, sans âme. Le fait est également que lorsqu'il s'agit d'écrire une chronique, j'ai toujours quelques phrases qui se forment lors de l'écoute. Or ici, que dalle. Je me retrouvais seul devant ma page blanche à noircir de 1000 signes pour dans 4 jours. Ce fut laborieux, mais j'ai quand même donné naissance à ceci : ffice ffice" />
Il fut longtemps reproché aux jeunes Liverpuldiens d'avoir voulu jouer à Dieu. Appliquant à la lettre le manuel du parfait petit Frankenstein de la pop, The Coral avait donné naissance en 2002 à une sublime aberration éponyme, fruit de la distillation minutieuse de trois décennies (60, 70 et 80), patchwork génial des exquis cadavres de leurs idoles reconstitués dont les restes traînent encore dans la cave. Si dans cette optique de précocité on considère alors leur second effort (Magic and Medicine) comme le prophétique "album de la maturité", cette Invisible invasion relèverait plutôt du gâtisme. A 24 ans à peine révolus, James Skelly radote déjà. Confortablement installé sur ses acquis (certes encore bien tassés), le groupe autrefois flamboyant d'audacieuse et juvénile exubérance livre aujourd'hui un album tiède, à l'image de son single, "In the morning". Avec 4 albums en 3 ans, le procédé de fabrication est désormais au point et le résultat honnête, mais la créature se révèle paradoxalement dénuée d'âme. Si ça continue, elle se retournera contre ses géniteurs.
Deux jours plus tard, mail du rédac chef : "bon, Coco, elle est un peu méchante ta chronique, une deuxième tentative ?". L'ire s'empara de moi. J'en avais déjà tellement chié que je souhaitais rapidement laisser cette histoire pour passer à autre chose. En même temps, vu qu'on descend pas l'album d'un groupe à qui on a consacré des pages magazine, c'était cohérent de reformuler. Quelques écoutes supplémentaires plus tard, ça donne ça :
Il fut longtemps reproché aux jeunes Liverpuldiens d'avoir voulu jouer à Dieu. Appliquant à la lettre le manuel du parfait petit Frankenstein de la pop, The Coral avait donné naissance en 2002 à une sublime aberration éponyme, fruit de la distillation minutieuse de trois décennies (60, 70 et 80), patchwork génial des exquis cadavres de leurs idoles reconstitués dont les restes traînent encore dans la cave. C'est à partir de leur second effort, Magic & Medicine, que la recette commence à se corser lorsque James Kelly rajoutera à sa potion déjà hautement magique une pincée de blues et des vrais bouts de Johnny Cash. Après Nightfreak and the sons of Becker, un pas-tout-à-fait-troisième-album-en-édition-limitée destiné aux fans, les mirontons de l'impossible servent en 2005 cette Invisible invasion, mitonnée en étroite collaboration avec Monsieur Portishead aux fourneaux. Et si les saveurs psychédélico-pop – relevées ici d'une pointe de réverb surf – restent intactes 3 ans après le premier service, attention néanmoins à ne pas s'endormir sur la recette…
Quelques jours passent alors, on n'entend plus parler de la chronique maudite jusqu'à avant-hier où je reçois : "Coco, bien la chronique de The Coral, mais tu parles de tout sauf de l'album en question" ; ce qui était totalement exact et – soyons francs – un peu fait exprès (moi quand j'ai pas d'inspiration, je digresse). Bref, c'est reparti pour un tour. Mais pour mon plus grand plaisir, les quelques écoutes faites entre temps avaient levé le voile sur une richesse sonore et mélodique qui ne m'était pas paru évidente au premier abord.
La suite dans le numéro 6...
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